Ces autres troubles qui peuvent faire illusion
Lisez cet article pour découvrir pourquoi vos difficultés d’attention, votre agitation ou votre impulsivité ne veulent pas forcément dire “TDAH”. Vous serez surpris de voir combien d’autres causes peuvent donner les mêmes symptômes… et parfois se traitent tout autrement !
- Ces autres troubles qui peuvent faire illusion
- 1. Introduction
- 2. Les troubles psychiatriques qui peuvent embrouiller le diagnostic
- 3. Et les autres troubles du neurodéveloppement ?
- 4. Les troubles médicaux à connaître
- 5. Adolescence : des symptômes… normaux ?
- 6. Périménopause : le TDAH hormonodépendant ?
- 7. Et si ce n’était pas un trouble, mais une façon d’être ?
- 8. Conclusion
1. Introduction
Vous oubliez vos rendez-vous, vous commencez trois choses à la fois, vous avez l’impression d’avoir un moteur dans la tête ? Bienvenue dans le club des cerveaux en ébullition. Mais attention : ce n’est pas toujours du TDAH.
Car figurez-vous que d’autres troubles – psychiatriques, neurologiques ou même hormonaux – peuvent vous jouer exactement le même genre de tours. Et parfois, les traiter change tout.
Alors avant de vous précipiter sur Google ou de demander de la Ritaline à votre médecin, faisons le tour des principaux diagnostics différentiels. En clair : toutes les raisons possibles qui pourraient expliquer vos symptômes… et qui n’ont rien à voir avec un trouble du neurodéveloppement.
2. Les troubles psychiatriques qui peuvent embrouiller le diagnostic
2.1 Dépression : quand le cerveau est en mode ralenti
La dépression, ce n’est pas juste « être triste ». C’est aussi (et souvent) ne plus avoir envie de rien, ne plus arriver à se concentrer, tout oublier, et mettre trois heures à rédiger un mail.
- Mot-clé : anhédonie = perte de plaisir. Ce qui vous faisait du bien (musique, balades, chocolat…), ne vous fait plus d’effet.
- Différence : ces symptômes arrivent souvent brutalement, sont réversibles, et répondent au traitement antidépresseur.
Exemple : vous avez toujours été organisé·e, et d’un coup, votre esprit part dans tous les sens, vous perdez vos clés, et la simple idée de faire les courses vous déprime. Ce n’est pas forcément du TDAH.
2.2 Trouble bipolaire : quand l’humeur fait les montagnes russes
Le trouble bipolaire, c’est un peu comme avoir un cerveau qui alterne entre sprint émotionnel et ralenti profond. Pendant les phases « hautes », appelées épisodes maniaques, la personne dort peu, parle vite, a mille idées, dépense sans compter, et peut sembler super énergique.
- Mot-clé : maniaque = phase d’excitation anormale, avec euphorie, projets impulsifs, et sentiment de toute-puissance.
- Différence : ces symptômes sont épisodiques, alternent avec des phases basses (dépressives) et ne commencent pas dans l’enfance.
Exemple : vous vous lancez dans trois start-ups en deux semaines, dormez trois heures par nuit, puis vous vous écroulez. Ce n’est pas une « période de productivité », c’est peut-être une phase maniaque.
2.3 Anxiété : quand la distraction vient de l’intérieur
L’anxiété généralisée, c’est ce petit hamster mental qui court tout le temps dans sa roue : « Et si j’oubliais un truc ? Et si on me jugeait ? Et si je faisais une erreur ? »
Résultat : difficile de se concentrer quand on est occupé à gérer des scénarios catastrophe en boucle.
- Mot-clé : ruminations = pensées anxieuses incessantes.
- Différence : dans le TDAH, l’attention se perd par des stimuli externes ; dans l’anxiété, ce sont les pensées internes qui occupent tout l’espace.
Exemple : vous commencez une tâche, puis vous vous demandez si vous l’avez bien faite, si on va vous juger… Votre distraction vient de votre anxiété, pas d’un déficit attentionnel.
2.4 Substances et sevrages : effets trompeurs
L’usage ou l’arrêt de certaines substances peut mimer un TDAH : agitation, impulsivité, troubles de l’attention.
- Substances excitantes : caféine, cocaïne, amphétamines.
- Sevrage : alcool, benzodiazépines.
Exemple : vous avez la tête qui tourne, vous êtes irritable, et vous buvez 6 cafés par jour… Ce n’est pas un TDAH, c’est peut-être juste trop de caféine.
3. Et les autres troubles du neurodéveloppement ?
3.1 Autisme (TSA) : une autre façon d’être au monde
Certaines personnes avec un trouble du spectre de l’autisme présentent une distractibilité, des intérêts restreints, une impulsivité émotionnelle… qui peuvent ressembler à du TDAH.
Mais souvent, il y a aussi une rigidité comportementale, des difficultés relationnelles, ou un besoin extrême de routines.
Exemple : vous changez de sujet sans prévenir, êtes submergé·e par le bruit, et paniquez si un imprévu survient. Il faut peut-être explorer le spectre autistique, pas seulement le TDAH.
3.2 Troubles DYS : quand les efforts cognitifs épuisent
Les dyslexies, dyspraxies ou autres troubles des apprentissages peuvent aussi ressembler à un TDAH, car ils fatiguent le cerveau, provoquent une surcharge cognitive, et rendent l’organisation difficile.
Exemple : vous êtes lent·e pour écrire, avez besoin de relire cinq fois une consigne, et zappez la moitié des mails. Ce n’est pas que vous êtes inattentif·ve : c’est peut-être que vous êtes dys.
4. Les troubles médicaux à connaître
4.1 Troubles du sommeil : l’ennemi silencieux de la concentration
Manquer de sommeil, c’est comme avoir un cerveau qui tourne au ralenti. Et certaines pathologies du sommeil sont traîtres, car on ne s’en rend pas toujours compte.
- Apnée du sommeil = micro-réveils répétés qui empêchent un sommeil réparateur.
- Insomnie chronique = fatigue, irritabilité, mémoire à court terme en berne.
Exemple : vous piquez du nez en réunion, lisez trois fois la même phrase, avez envie de dormir en journée ? Un test du sommeil s’impose.
4.2 Problèmes thyroïdiens : trop ou pas assez d’hormones
La thyroïde règle l’énergie du corps. Déséquilibrée, elle détraque l’attention.
- Hyperthyroïdie : nervosité, tachycardie, amaigrissement.
- Hypothyroïdie : ralentissement, fatigue, perte de mémoire.
Exemple : vous perdez vos mots, êtes irritable et avez perdu du poids ? Pensez à un bilan thyroïdien.
4.3 Atteintes cérébrales : des conséquences durables
Un traumatisme crânien, un AVC ou une lésion frontale peuvent perturber l’attention, la planification, l’inhibition.
Exemple : depuis votre chute à vélo, vous êtes désorganisé·e, oubliez vos RDV… Il s’agit peut-être de séquelles neurologiques, pas d’un TDAH.
5. Adolescence : des symptômes… normaux ?
Ah, l’adolescence… Cette période merveilleusement chaotique où le cerveau décide de refaire sa déco intérieure. Résultat : émotions en mode montagnes russes, prises de décisions douteuses, trous de mémoire, et gestion du temps plus qu’approximative.
En cause ? Les fonctions exécutives, ces fameuses capacités à planifier, inhiber, organiser et gérer ses priorités, qui ne sont pas encore complètement matures avant 25 ans. Oui, même chez les plus brillants.
Exemple : votre ado oublie son sac, commence ses devoirs à 22h, change d’avis toutes les dix minutes… Ce n’est pas un trouble : c’est son cortex préfrontal qui mûrit.
6. Périménopause : le TDAH hormonodépendant ?
La périménopause, cette période souvent silencieuse qui précède la ménopause, n’est pas qu’une affaire de cycles irréguliers. Elle peut aussi s’inviter dans le cerveau : baisse de concentration, troubles de la mémoire, irritabilité, fatigue mentale…
Plusieurs études montrent que les fluctuations hormonales (en particulier des œstrogènes) peuvent affecter la neurotransmission dopaminergique et sérotoninergique, deux systèmes impliqués dans l’attention et la régulation de l’humeur.
Exemple : depuis vos 44 ans, vous êtes désorganisé·e, avez des trous de mémoire, vous sentez à cran. Et si c’était la périménopause ?
7. Et si ce n’était pas un trouble, mais une façon d’être ?
Aujourd’hui, tout ce qui sort du cadre – lenteur, distraction, hypersensibilité, procrastination – semble devoir porter un nom. Mais parfois, la flemme, ce n’est pas une maladie, c’est juste… la flemme. Un besoin de repos. Une absence de motivation parce que la tâche est vide de sens.
Certaines personnes s’éparpillent parce qu’elles pensent trop, ressentent fort, ou se questionnent en permanence. Ce n’est pas forcément pathologique. C’est parfois la marque d’un besoin de profondeur, d’un appel à ralentir, à se reconnecter à soi, à l’instant présent.
Il y a des jours où l’on procrastine parce qu’on a peur, ou parce qu’on est fatigué, ou juste parce qu’on n’en a pas envie. Et c’est OK. On n’a pas à transformer chaque élan manqué en diagnostic.
Prenez un temps pour vous. Pas pour vous coller une étiquette, mais pour écouter ce que votre vie vous dit. Parfois, il n’y a rien à soigner, juste quelque chose à comprendre.
8. Conclusion
Faire la différence entre un TDAH et un trouble qui lui ressemble n’est pas toujours simple, même pour les professionnels. Mais c’est essentiel pour éviter des traitements inutiles, ou au contraire, passer à côté d’un accompagnement adapté.
Le TDAH existe. C’est un trouble reconnu, étudié, et souvent mal compris. Mais il n’explique pas tout. D’autres causes – transitoires ou durables – peuvent engendrer des troubles de l’attention, de l’organisation ou de la régulation émotionnelle.
La bonne nouvelle ? Chaque trouble a ses spécificités, ses clés de compréhension, et souvent… ses solutions. Alors si vous vous reconnaissez dans cet article, prenez rendez-vous. Pas pour obtenir une étiquette, mais pour ouvrir une piste.
Et n’oubliez pas : chercher à comprendre ce qui se passe en vous est déjà un signe de santé mentale.

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