Comprendre les fonctions exécutives dans le TDAH

Avant de plonger dans le détail de chaque fonction exécutive, il est crucial de poser le décor : à quoi servent-elles ? Où agissent-elles dans le cerveau ? Pourquoi sont-elles si perturbées dans le TDAH ?
Ce cadre de lecture est fondamental pour comprendre les difficultés du quotidien — et surtout : pour construire des réponses adaptées, intelligentes et pragmatiques.


    Elles nichent principalement dans le cortex préfrontal, cette zone cérébrale située juste derrière le front, championne de l’évolution humaine.
    C’est ici que se prennent les décisions, se planifient les actions, s’inhibent les pulsions, se hiérarchisent les priorités, se maintiennent les objectifs en mémoire, et se régulent les émotions.


    Les fonctions exécutives sont mobilisées dès que nous sortons du pilote automatique. Leur terrain de jeu ? Les situations nouvelles, complexes ou incertaines, là où aucune routine ne suffit.

    Une tâche inhabituelle ? Une émotion à apprivoiser ? Un objectif à garder en tête malgré les distractions ?
    Bienvenue dans l’univers exigeant des fonctions exécutives.

    Elles nous permettent de différer la gratification immédiate pour agir au service d’un objectif à long terme. Bref, elles nous aident à faire ce qu’il faut, même quand on n’en a pas envie.


    Le terme ne traduit pas un pouvoir hiérarchique… mais une direction d’action : ces fonctions s’exercent sur soi-même.
    Elles permettent de moduler notre comportement pour rester aligné avec un but.

    Concrètement, cela signifie être capable de :

    • Initier ou interrompre une action
    • Élaborer un projet ou un plan
    • Résister à une impulsion immédiate
    • Maintenir le cap malgré la distraction
    • Réguler ses émotions pour rester dans l’action

    Ce sont des fonctions finalisées : elles ne réagissent pas, elles orientent l’action avec intention et stratégie.


    Une des marques de fabrique du TDAH, c’est la réduction du temps d’arrêt entre un stimulus et une réponse.
    Ce court moment de flottement, ce “soupir mental” avant d’agir — c’est l’espace des fonctions exécutives.

    Dans le TDAH, ce temps est souvent trop court :
    La réponse part avant d’avoir reçu les instructions du chef d’orchestre.
    Résultat ?
    Les fonctions exécutives sont sollicitées trop peu, trop tard, ou de façon désorganisée.

    Ce n’est pas que la personne ne sait pas faire.
    C’est qu’elle n’arrive pas à le faire au bon moment, dans le feu de l’action.


    Une performance incohérente… mais explicable

    C’est ce décalage entre capacité et mise en œuvre qui explique l’inconstance : Brillant en situation d’examen ou de défi, désarmé face à un mail ou une facture.

    Le cerveau sait faire.
    Il ne sait juste pas quand le faire — ni comment activer la bonne fonction au bon moment.


    Cette série proposera une plongée dans chaque fonction exécutive, avec un regard clinique, neurocognitif et pragmatique.

    À venir :

    • La mémoire de travail
    • L’inhibition
    • La flexibilité cognitive
    • La planification et l’organisation
    • Le monitorage et la régulation émotionnelle
    • Et d’autres fonctions transversales moins connues… mais essentielles

    Chaque article décrira :

    • Le fonctionnement “normal” de la fonction
    • Son altération typique dans le TDAH
    • Les symptômes observables au quotidien
    • Les stratégies concrètes pour la renforcer ou la contourner intelligemment


    En savoir plus sur

    Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

    Commentaires

    Votre commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Newsletter et parutions d'articles

    Abonnez-vous pour être notifié lors de la sortie de prochains articles.

    Poursuivre la lecture