Lisez cet article et vous découvrirez le rôle des fonctions exécutives pour organiser votre vie
Avant de plonger dans le détail de chaque fonction exécutive, il est crucial de poser le décor : à quoi servent-elles ? Où agissent-elles dans le cerveau ? Pourquoi sont-elles si perturbées dans le TDAH ?
Ce cadre de lecture est fondamental pour comprendre les difficultés du quotidien — et surtout : pour construire des réponses adaptées, intelligentes et pragmatiques.
1. Où logent les fonctions exécutives ?
Elles nichent principalement dans le cortex préfrontal, cette zone cérébrale située juste derrière le front, championne de l’évolution humaine.
C’est ici que se prennent les décisions, se planifient les actions, s’inhibent les pulsions, se hiérarchisent les priorités, se maintiennent les objectifs en mémoire, et se régulent les émotions.
2. Leur rôle : sortir du mode automatique
Les fonctions exécutives sont mobilisées dès que nous sortons du pilote automatique. Leur terrain de jeu ? Les situations nouvelles, complexes ou incertaines, là où aucune routine ne suffit.
Une tâche inhabituelle ? Une émotion à apprivoiser ? Un objectif à garder en tête malgré les distractions ?
Bienvenue dans l’univers exigeant des fonctions exécutives.
Elles nous permettent de différer la gratification immédiate pour agir au service d’un objectif à long terme. Bref, elles nous aident à faire ce qu’il faut, même quand on n’en a pas envie.
3. Pourquoi dit-on “exécutives” ?
Le terme ne traduit pas un pouvoir hiérarchique… mais une direction d’action : ces fonctions s’exercent sur soi-même.
Elles permettent de moduler notre comportement pour rester aligné avec un but.
Concrètement, cela signifie être capable de :
- Initier ou interrompre une action
- Élaborer un projet ou un plan
- Résister à une impulsion immédiate
- Maintenir le cap malgré la distraction
- Réguler ses émotions pour rester dans l’action
Ce sont des fonctions finalisées : elles ne réagissent pas, elles orientent l’action avec intention et stratégie.
4. TDAH : quand le tempo se dérègle
Une des marques de fabrique du TDAH, c’est la réduction du temps d’arrêt entre un stimulus et une réponse.
Ce court moment de flottement, ce “soupir mental” avant d’agir — c’est l’espace des fonctions exécutives.
Dans le TDAH, ce temps est souvent trop court :
La réponse part avant d’avoir reçu les instructions du chef d’orchestre.
Résultat ?
Les fonctions exécutives sont sollicitées trop peu, trop tard, ou de façon désorganisée.
Ce n’est pas que la personne ne sait pas faire.
C’est qu’elle n’arrive pas à le faire au bon moment, dans le feu de l’action.
Une performance incohérente… mais explicable
C’est ce décalage entre capacité et mise en œuvre qui explique l’inconstance : Brillant en situation d’examen ou de défi, désarmé face à un mail ou une facture.
Le cerveau sait faire.
Il ne sait juste pas quand le faire — ni comment activer la bonne fonction au bon moment.
5. Prochaines étapes : zoom fonction par fonction
Cette série proposera une plongée dans chaque fonction exécutive, avec un regard clinique, neurocognitif et pragmatique.
À venir :
- La mémoire de travail
- L’inhibition
- La flexibilité cognitive
- La planification et l’organisation
- Le monitorage et la régulation émotionnelle
- Et d’autres fonctions transversales moins connues… mais essentielles
Chaque article décrira :
- Le fonctionnement “normal” de la fonction
- Son altération typique dans le TDAH
- Les symptômes observables au quotidien
- Les stratégies concrètes pour la renforcer ou la contourner intelligemment

Votre commentaire