La Mémoire de travail chez le patient TDAH

Spoiler : Ce n’est pas que les personnes avec TDAH ne retiennent rien, ou ne font jamais attention, c’est juste que leur mémoire de travail ressemble à une boîte aux lettres sans fond : les messages tombent dedans, mais se perdent avant d’ avoir eu le temps d’être lus.

  1. La mémoire de travail? qué sa quo?
  2. Et là tout s’éclaire pour beaucoup d’entre nous…
  3. Et dans le TDAH, ça donne quoi ?
    1. Conséquences au quotidien
    2. Que faire ?
      1. Externaliser
      2. Fractionner
      3. Réduire les distractions
      4. ⏳Utiliser des supports temporels
      5. Stimuler sa mémoire de travail
  4. Conclusion

La mémoire de travail est une des fameuses fonctions exécutives, capitale pour gérer la vie quotidienne: c’est le post-it mental! C’est le bureau temporaire du cerveau. C’est là que l’on stocke des infos pendant qu’on les utilise. Elle permet de retenir un numéro de téléphone le temps de le composer, de garder une consigne en tête tout en l’appliquant, ou encore de suivre le fil d’une conversation sans se perdre dès la deuxième phrase.

La mémoire de travail est un système cognitif qui nous permet de garder temporairement des informations en tête et de les manipuler pendant que nous réalisons une tâche, comme résoudre un problème, comprendre une phrase ou suivre des instructions.

On peut la comparer à un bloc-notes mental : elle sert à retenir des informations de façon provisoire, le temps de les utiliser. Par exemple, quand tu retiens un numéro de téléphone juste le temps de le composer, ou quand tu fais un calcul mental, tu utilises ta mémoire de travail.

Elle est essentielle pour de nombreuses activités quotidiennes qui demandent de traiter et d’organiser des informations sur le moment.

C’est aussi un point de passage obligé vers la mémoire à long terme : quand une information transite bien par la mémoire de travail, elle a une chance d’être encodée durablement. Si elle n’y passe pas ou si elle s’efface trop vite… elle ne sera tout simplement jamais enregistrée. Toutes les informations qui passent par la mémoire de travail n’ont heureusement pas besoin d’étre encodées à vie, en revanche pour se rappeler longtemps il faut d’abord gérer l’info avec la mémoire de travail!

On oublie des infos importantes, on donne l’impression qu’on n’a jamais entendu certaines consignes, ou on peine à retrouver ce qu’on a lu/vu/entendu… parce que ça n’est jamais vraiment passé par la case “stockage”… ouf, soulagement, on ne perd pas la boule… c’est que le système déconne! Chez certain cela peut mimer une maladie de la mémoire et être très angoissant… et devinez quoi? plus on stresse et moins ça marche.

Bref, quand votre conjoint s’exaspère parce que « mais si je t’ai dit qu’il y a le spectacle de fin d’année ce soir là » et que vous êtes sûr qu’on ne vous l’a jamais dit… c’est que le post it s’est envolé avant d’avoir été lu… c’est pas forcément Alzheimer!

Pour améliorer ta mémoire de travail au quotidien, plusieurs méthodes ont montré une certaine efficacité selon les recherches récentes :

  • Entraînement adaptatif de la mémoire de travail : Utiliser des exercices spécifiques, souvent sous forme de jeux ou d’applications, conçus pour solliciter et renforcer la mémoire de travail. Les résultats sont variables, mais certaines études montrent des bénéfices, surtout sur les tâches similaires à celles de l’entraînement.
  • Pratique de la pleine conscience (mindfulness) : Des exercices de méditation ou d’attention consciente peuvent aider à mieux gérer les distractions et à améliorer la capacité à maintenir l’information active dans l’esprit.
  • Activité physique régulière : L’exercice physique, même modéré, a un effet positif sur les fonctions cognitives, dont la mémoire de travail.
  • Jeux vidéo adaptés : Certains jeux vidéo, notamment ceux qui sollicitent la stratégie et la gestion de plusieurs informations en même temps, peuvent contribuer à renforcer la mémoire de travail.

Il est important de noter que les effets de ces entraînements sont généralement spécifiques : ils améliorent surtout la performance sur des tâches proches de celles pratiquées lors de l’entraînement, mais le transfert à d’autres domaines de la vie quotidienne reste limité.

Pour un impact durable :

  • Bien dormir,
  • Avoir une alimentation équilibrée,
  • Gérer le stress
    …restent des bases essentielles pour soutenir la mémoire de travail au quotidien.

Chez les adultes avec TDAH, la mémoire de travail est souvent défaillante, ce qui se traduit par :

  • des oublis fréquents (rendez-vous, objets, étapes dans une tâche)
  • des difficultés à suivre une conversation ou un raisonnement un peu long
  • un besoin constant de reposer les infos quelque part (post-it, applis, rappels…)
  • des consignes qui “s’évaporent” à peine entendues

On sait faire. Mais on ne sait pas faire en situation. Sous stress, en double tâche, ou dès que l’environnement est stimulant, la mémoire de travail vacille.

C’est d’autant plus difficile que cette fonction intervient en même temps que d’autres : l’attention, l’inhibition, la flexibilité. Dès qu’elles sont surchargées, la mémoire de travail sature.


  • Difficulté à suivre une recette, un plan, une tâche complexe sans créer des sous- taches, l’ éclater en morceaux
  • Impression de tout commencer mais de ne jamais rien finir
  • Pertes d’infos entre deux étapes d’une même action
  • Sensation d’être “dans le flou”, de ne plus savoir ce qu’on faisait ou pourquoi on était là

Externaliser

  • Notes manuscrites ou visuelles : schémas, checklists, mindmaps
  • Applications : rappels vocaux, to-do lists, calendriers partagés

Fractionner

  • Découper une tâche complexe en petites unités autonomes
  • Associer chaque étape à une action concrète, un lieu, un signal (ex : visuel ou sonore)

Réduire les distractions

  • Créer des espaces de travail calmes
  • Utiliser des bouchons d’oreille, une playlist neutre, ou des bruits blancs

⏳Utiliser des supports temporels

  • Time-timers, minuteurs, alarmes
  • Blocs de temps dédiés à une tâche unique (méthode Pomodoro, etc.)

Stimuler sa mémoire de travail

  • Jeux comme le Memory, les suites à retenir, ou les exercices de dual-task
  • Exercices de remédiation cognitive (par ex. sur Cogmed, Cognifit…)

Ce n’est pas que tu n’écoutes pas, que tu ne te concentres pas ou que tu te fiches de ce qu’on te dit. C’est juste que ta mémoire de travail a du mal à garder l’info en place assez longtemps pour l’utiliser. Et ça, ça se travaille. Par des stratégies simples, un peu de méthode, et un peu de bienveillance envers soi-même.


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