Lisez cet article pour tout savoir sur la maladie d’Alzheimer.
Quand on entend « maladie d’Alzheimer », on pense souvent à la mémoire qui flanche, aux souvenirs qui s’effilochent. Mais derrière ce terme devenu familier, que sait-on vraiment ? Pourquoi la mémoire s’efface-t-elle ? Comment la maladie évolue-t-elle ? Peut-on la ralentir ?
Dans cet article, je vous propose de décortiquer simplement ce qu’est Alzheimer : ses causes, ses premiers symptômes, son évolution, les traitements actuels, et même les nouveaux traitements qui pointent à l’horizon.
Sans jargon médical indigeste, promis — et toujours avec le souci de rester fidèle aux connaissances scientifiques les plus solides.
Et comme accompagner une personne atteinte d’Alzheimer est un défi de tous les jours, je vous annonce aussi une série de fiches outils pratiques pour les aidants, que vous retrouverez bientôt ici sur Neuronotes.
Allez, suivez-moi : on lève ensemble un coin du voile sur cette maladie encore si mystérieuse.
Avant de plonger dans les symptômes ou les traitements, commençons par poser les bases : qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer, au juste ?
Comprendre ce qui se passe dans le cerveau est essentiel pour mieux saisir l’impact de cette maladie… et pour mieux accompagner celles et ceux qu’elle touche.
- Qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer ?
- Les causes et la physiopathologie (expliquées simplement)
- Quels sont les symptômes de la maladie d’Alzheimer ?
- Comment évolue la maladie d’Alzheimer ?
- Quels sont les traitements disponibles aujourd’hui ?
- Focus : les traitements non médicamenteux
- Nouveaux traitements, nouveaux espoirs
- Et pour les aidants ?
- Conclusion
Qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer ?
La maladie d’Alzheimer est une affection du cerveau qui évolue lentement, entraînant une perte progressive de la mémoire, du langage, des gestes et de la reconnaissance.
En France, c’est la première cause de démence.
Je dis souvent que dans Alzheimer, ce n’est pas seulement « oublier » qui pose problème. C’est oublier ce qui est nouveau… et souvent, les souvenirs anciens restent intacts, et c’est un atout non négligeable!
Mais c’est aussi ne plus réussir à trouver ses mots (aphasie), ne plus savoir exécuter certains gestes simples (apraxie), ou ne plus reconnaître un visage familier (agnosie).
Ce trio infernal porte un joli nom barbare : le syndrome aphaso-apraxo-agnosique.
Il résume bien les difficultés que peuvent rencontrer les personnes atteintes.
À noter : l’agnosie peut entraîner très souvent une absence de conscience des troubles. Pour beaucoup de patients, « il n’y a pas de problème, tout va bien »— ce qui explique parfois leur étonnement (ou leur agacement) quand on leur signale un oubli ou une difficulté.
Les causes et la physiopathologie (expliquées simplement)
Dans la maladie d’Alzheimer, plusieurs phénomènes biologiques s’installent :
- La proteine bêta-amyloïde forme des plaques gluantes entre les neurones,
- La protéine Tau s’emmêle à l’intérieur des neurones.
Progressivement, cela étouffe les cellules nerveuses, coupe les connexions, et finit par provoquer leur mort.
À cela s’ajoutent :
- Une inflammation chronique du cerveau,
- Du stress oxydatif (nos neurones prennent un coup de vieux accéléré),
- Et la perte progressive des réseaux neuronaux.
Quels sont les facteurs de risque ?
- L’âge (c’est le premier facteur, incontournable…),
- La génétique (notamment certains gènes comme APOE4)
- Le mode de vie (sédentarité, mauvaise alimentation, isolement social, surdité…).
Il est très important de dépister les hypoaccousie, nom barbare de la baisse d’audition du sujet agé, dès 50 ans pour appareiller les gens qui en ont besoin: il y a un lien étroit entre surdité et maladie d’Alzheimer
Rien n’est automatique : avoir un risque ne veut pas dire avoir la maladie. Mais comprendre ces facteurs permet parfois de mieux se protéger.
Quels sont les symptômes de la maladie d’Alzheimer ?
La maladie débute souvent de façon discrète.
Les premiers signes qui peuvent mettre la puce à l’oreille:
- Troubles de la mémoire récente (oublis d’événements récents, répétitions de questions, perte des objets)
- Modifications du comportement : irritabilité, apathie, anxiété, agressivité, dépression
- Désorientation dans le temps avant de perdre le Nord (confusion sur la date, se perdre dans des lieux familiers
- Plus tardivement, manque du mot, difficultés de langage (aphasie), le patient utilise des périphrases, des mots « valise » (truc, chose, machin), le discours s’appauvrit
- Encore plus tard, difficultés dans les gestes quotidiens (apraxie), comme faire sa toilette, s’habiller, voire marcher ou manger
- Troubles de reconnaissance des visages ou objets (agnosie), dure étape où le patient ne reconnait plus ses proches
Petit à petit, les tâches complexes deviennent difficiles, puis les gestes simples aussi. L’autonomie diminue.
Comment évolue la maladie d’Alzheimer ?
La progression suit généralement plusieurs grandes étapes :
- Phase silencieuse : des lésions cérébrales sans symptômes apparents,
- Troubles cognitifs légers (MCI) : oublis marqués, mais maintien d’une vie autonome,
- Phase modérée : perte d’autonomie progressive, besoin d’aide dans la vie quotidienne,
- Phase sévère : dépendance complète, perte de communication, troubles moteurs.
La vitesse d’évolution varie d’une personne à l’autre, mais la maladie reste malheureusement progressive.
Quels sont les traitements disponibles aujourd’hui ?
Aujourd’hui, nous disposons de traitements dits symptomatiques, qui peuvent améliorer de façon très discrete et temporaire certaines fonctions cognitives ou comportementales.
Traitements cognitifs :
- Inhibiteurs de la cholinestérase (donépézil, rivastigmine, galantamine),
- Antagoniste NMDA (mémantine).
Ces médicaments tentent de renforcer les communications neuronales restantes, malheureusement avec des effets tres faibles.
Pourquoi ces traitements ont-ils été déremboursés ? Depuis 2018, l’Assurance Maladie ne rembourse plus les médicaments contre Alzheimer. La raison principale : leur efficacité jugée modeste par la Haute Autorité de Santé (HAS), associée à des effets secondaires non négligeables. L’accent est désormais mis sur l’accompagnement global du patient plutôt que sur une approche strictement médicamenteuse.
Traitements des troubles comportementaux :
- Antidépresseurs,
- anxiolytiques,
- parfois antipsychotiques (prescrits avec prudence).
Attention : Ces traitements ne guérissent pas la maladie. Ils peuvent apporter un mieux-être, mais de manière temporaire.
Focus : les traitements non médicamenteux
Vous l’aurez compris les médicaments jusqu’à présent n’apportent pas grand chose, les approches non médicamenteuses prennent une place centrale :
- Stimulation cognitive : ateliers mémoire, jeux de logique adaptés,
- Nouveauté: faire des choses nouvelles, voire surprenantes!
- Vie sociale riche
- Activité physique adaptée : marche, gymnastique douce,
- Art-thérapie, musicothérapie, zoothérapie,
- Accompagnement psychologique pour le patient et ses proches.
Ces interventions visent à préserver les capacités existantes, maintenir une qualité de vie, et favoriser le lien social.
Nouveaux traitements, nouveaux espoirs
Deux thérapies innovantes, le Lecanemab et le Donanemab, suscitent de grands espoirs. Ces anticorps monoclonaux ciblent les plaques bêta-amyloïdes, protéines responsables de la maladie. Déjà autorisés aux États-Unis, ils sont en cours d’évaluation en Europe.
À noter : Ces traitements semblent surtout efficaces lorsqu’ils sont administrés très tôt, avant l’apparition de symptômes sévères. Ils ne guérissent pas Alzheimer, mais pourraient ralentir l’aggravation des troubles cognitifs.
D’autres pistes sont également explorées :
- Vaccins thérapeutiques contre la bêta-amyloïde,
- Thérapies géniques,
- Traitements ciblant la protéine Tau.
Un vent d’espoir souffle donc sur la recherche… même si, pour l’instant, le quotidien des patients repose avant tout sur l’accompagnement humain.
Et pour les aidants ?
Puisque l’agnosie empêche souvent la personne atteinte d’Alzheimer de se rendre compte de ses difficultés, le véritable travail d’adaptation repose sur les aidants. La phase d’acceptation est difficile, et ajuster son comportement au proche malade est un challenge de chaque jour.
C’est pour cette raison que je prépare ici, sur Neuronotes, une série de fiches pratiques destinées à vous accompagner, vous les aidants, les oubliés de cette maladie:
- Conseils pour comprendre les comportements parfois déroutants,
- Astuces pour aménager l’environnement de vie,
- Ressources pour préserver votre propre équilibre et votre santé mentale.
- Sur quelles aides, ressources, pouvez vous compter
- Quid de l’institutionnalisation
- Mesure de protection?
Parce que, pour la personne malade, souvent « tout va bien »… mais pour vous, aidant, le chemin est exigeant.
Ces ressources seront bientôt disponibles pour vous ici sur Neuronotes.
N’hésitez pas à revenir les découvrir et à partager autour de vous !
Conclusion
La maladie d’Alzheimer n’est pas qu’une histoire de mémoire.
C’est aussi une maladie du geste, du langage, du regard… et du lien humain.
Mieux comprendre cette maladie, c’est déjà mieux accompagner ceux qui en sont atteints.
C’est aussi préserver, autant que possible, les liens précieux qui nous unissent.
À très bientôt pour d’autres articles sur Neuronotes : nous avancerons ensemble, un pas après l’autre.
Sources :
- Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM)
- France Alzheimer
- Haute Autorité de Santé (HAS)
- New England Journal of Medicine (NEJM)
- Lancet Neurology

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