Lisez cet article pour découvrir comment notre cerveau peut se bloquer face à l’imprévu, et comment lui réapprendre à changer de cap sans paniquer.
Quand la flexibilité mentale fait défaut, tout devient plus rigide — surtout chez les personnes avec TDAH. On vous explique pourquoi, avec humour, exemples concrets, et solutions pratico-pratiques à la clé.
- 1.INTRODUCTION
- 2. La flexibilité cognitive, c’est quoi ?
- 3. Ce que ça donne dans le TDAH
- 4. Pourquoi c’est si dur de changer de route ?
- 5. Symptômes concrets d’un manque de flexibilité
- 6. Ce que ça entraîne au quotidien
- 7. Que peut-on faire pour améliorer cette flexibilité ?
- 8. Conclusion
1.INTRODUCTION
Imaginez un GPS qui refuse de recalculer l’itinéraire, même quand la route est barrée. C’est un peu ce que vivent les personnes avec un TDAH quand leur flexibilité mentale fait grève. Cette fonction exécutive, c’est l’art de changer de plan, d’avis, de perspective… sans que le cerveau ne crie « trahison ! ».
La flexibilité cognitive, c’est la capacité à adapter sa pensée et son comportement face à l’imprévu. Elle nous permet de ne pas rester bloqués sur une idée, une routine, une règle. Bref, c’est ce qui empêche le quotidien de se transformer en parcours du combattant à chaque fois qu’un ingrédient manque au petit-déjeuner.
Bienvenue dans le monde parfois rigide et chaotique de la flexibilité cognitive.
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2. La flexibilité cognitive, c’est quoi ?
C’est la capacité à changer de perspective, d’idée, ou de stratégie en fonction d’un nouveau contexte. C’est ce qui nous permet :
- D’abandonner une méthode qui ne marche pas
- De s’adapter à une règle inattendue
- De rebondir après une erreur
- De supporter l’imprévu sans paniquer
- De passer d’une tâche à une autre sans bug
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3. Ce que ça donne dans le TDAH
La flexibilité cognitive est souvent fragile chez les adultes avec un TDAH, mais de manière paradoxale : ils peuvent donner une impression de dispersion, de changement permanent… et pourtant, dès qu’il faut vraiment s’adapter à quelque chose de contraint, ça bloque.
Pourquoi ? Parce que pour être flexible, il faut être capable de :
- Mettre en pause l’action en cours (hello, l’inhibition)
- Prendre en compte une nouvelle information
- Se détacher d’un schéma automatique
- Reconfigurer son plan… et accepter de le faire
Dans le TDAH, ce processus est perturbé. Résultat : le changement devient anxiogène, coûteux, désorganisant, et parfois évité au maximum — ou, à l’inverse, subi en boucle sans capacité de stabilisation.
4. Pourquoi c’est si dur de changer de route ?
La flexibilité mentale fait partie d’un système plus vaste : les fonctions exécutives. Elle bosse main dans la main avec :
- l’inhibition (il faut savoir freiner une stratégie pour en tester une autre)
- la mémoire de travail (se souvenir de ce qu’on voulait faire)
- la planification (reprendre le cap après un détour).
Et parfois, tout ce petit monde a du mal à se coordonner. On pense notamment à un dérèglement des circuits dopaminergiques, très actifs dans la gestion de la motivation et de la récompense. Traduction : si le cerveau ne voit pas l’intérêt de changer de cap, il ne le fait pas.
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5. Symptômes concrets d’un manque de flexibilité
- Difficulté à s’adapter aux imprévus
- Rigidité mentale : “je ne peux pas faire autrement, c’est comme ça”
- Désorganisation quand une tâche est interrompue
- Hésitations excessives devant des choix simples
- Pensées en boucle, rumination mentale, blocage sur une idée ou une émotion
- Passage d’une tâche à une autre avec perte d’informations (sans clôture de la précédente)
Les personnes avec TDAH et un déficit de flexibilité mentale peuvent :
- … rester figées quand le plan change (« Quoi, on ne prend pas la voiture habituelle ?! »).
- … refaire la même erreur, encore et encore, comme si leur cerveau était en boucle.
- … perdre pied si leur routine est dérangée (« Pas de bol, y a plus de muesli : je fais quoi maintenant ?! »).
- … réagir avec maladresse dans les interactions sociales (« Mais POURQUOI tu veux faire autrement ?! »).
Cette rigidité n’est pas une question de volonté ou d’entêtement. C’est un fonctionnement cognitif : leur cerveau ne trouve pas la sortie de secours, ou alors trop tard.
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6. Ce que ça entraîne au quotidien
- Fatigue décisionnelle
- Procrastination “stratégique” (on évite ce qui pourrait bousculer le système)
- Conflits relationnels (“tu ne changes jamais d’avis” vs “tu changes tout le temps de plan”)
- Perte de confiance en ses propres capacités d’adaptation
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7. Que peut-on faire pour améliorer cette flexibilité ?
1. Psychoéducation
Expliquer que la flexibilité cognitive est une fonction exécutive complexe, qui dépend aussi de l’inhibition, de la mémoire de travail, et de la régulation émotionnelle
Souligner que le but n’est pas de “s’adapter à tout sans broncher”, mais de reprendre un peu de contrôle sur ses propres stratégies mentales
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2. Stratégies pratiques
- Créer des routines flexibles
- Construire une structure… avec des marges de manœuvre : plages horaires modulables, plans B intégrés
- Se dire à soi-même : “Voici le plan. Mais je peux le modifier.”
- Entraîner le changement
- Changer délibérément une habitude par jour (ex : un itinéraire, un ordre de tâche)
- S’entraîner à faire autrement pour le simple plaisir de tester
- Dédramatiser l’erreur
- Reformuler les “échecs” comme des ajustements
- Se répéter : “Ce n’est pas grave de changer d’avis. Ce n’est pas perdre le contrôle, c’est l’exercer.”
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3. Approches thérapeutiques
TCC avec restructuration cognitive (travail sur les pensées rigides, les anticipations anxieuses)
Remédiation cognitive orientée flexibilité mentale (catégorisation, changement de critères, tâches de tri)
Pleine conscience pour observer le flux de pensée sans s’y accrocher
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4. Traitements médicamenteux
Les médicaments utilisés dans le TDAH (ex : méthylphénidate) peuvent améliorer la flexibilité cognitive de manière indirecte, en réduisant la saturation mentale et en renforçant les autres fonctions exécutives.
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8. Conclusion
La flexibilité cognitive, c’est la capacité à s’adapter sans s’effondrer, à modifier une idée sans se renier, à changer de route sans se perdre. Chez les personnes avec un TDAH, cette fonction peut vaciller… mais avec les bons appuis, elle peut aussi devenir un atout insoupçonné.
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À suivre : la planification — ou comment transformer le chaos mental en feuille de route.

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